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DÉFI #1 Mise en jambes avec le tour des Vosges en ski roues

Pour préparer son objectif ultime, à horizon 2023, Stéphane Brogniart s’est préparé une série de défis sportifs singuliers, et un peu démesurés. Première échéance de la liste, le Vosgien s’était mis en tête de sillonner son département au plus près des « frontières »… en ski-roues ! Un tour du « pâté de maison » qu’il a bouclé en un peu plus de 42h le week-end dernier.

Le ski-roues, vous connaissez ? C’est un sport pratiqué majoritairement par les « fondeurs » pour se préparer l’été en vue de leur saison hivernale sur les skis. Auparavant réservée à une poignée d’irréductibles accros au skating ou à la technique classique (ski alternatif),  ce sport tend à se développer depuis quelques années.
Généralement, on le pratique sur des distances n’excédant pas les 30-40 kilomètres… Stéphane avait décidé, lui, de s’offrir une sortie de 480 km, non-stop !
D’un point de vue matériel, c’est un ski à roulettes avec une fixation de ski de fond, des chaussures et bâtons de ski de fond.
Pour couronner le tout, il avait pris l’option de partir en « roues lentes » (avec davantage de résistance au roulement), car plus adaptées au revêtement parfois variable des routes vosgiennes. Utiliser des « roues rapides » aurait généré trop de contraintes, de vibrations, voire de risques de chutes. La différence entre roues rapides et roues lentes est de l’ordre de 30%, au moins ! Cela méritait la précision !

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A l’assaut du bitume vosgien

C’est donc à 21h, jeudi 12 avril, que Stéphane Brogniart avait fixé l’heure de départ de son défi. Devant l’auberge du Pied du Hohneck, par un beau coucher de soleil comme les crêtes vosgiennes en réservent parfois, de nombreux amis, journalistes et sportifs venus pour l’accompagner, s’étaient donnés rendez-vous.
Ce défi, original, voire surprenant, réussissait un premier pari, celui de fédérer, et de faire parler de son territoire auquel le Vosgien est si attaché.
Mais au-delà des envies et des valeurs du projet, il fallait désormais se concentrer, gérer son effort, s’alimenter, pour durer… Car même s’il pourra compter sur le soutien sans faille d’une équipe d’assistance expérimentée et pleine de bonne humeur, et sur de nombreuses personnes, venues l’accompagner sur un tronçon du parcours, en vélo, voiture, ou en ski-roues, il ne pourra compter que sur lui-même pour rallier l’arrivée.

Parti de la route des crêtes pour se diriger vers Fraize, Sâales, Moussey, puis le Donon par la montée de Prayé, la première partie du parcours était marquée par de sérieuses difficultés.
Vers Charmes, le soleil dévoilera ses premières lueurs et redonnera un surplus d’énergie à Stéphane.
En cette mi-avril, il aura également fallu compter sur un paramètre important, et pas forcément attendu, la chaleur. En effet, sur les routes de la « plaine » du département, les températures ont rendu la tâche encore plus difficile à un défi qui ne manquait déjà pas de piquant ! De passage à Punerot, son village natal où de nombreux amis l’attendaient, le néo-aventurier prenait la mesure du défi dans lequel il s’était lancé et le chemin qui lui restait à parcourir. C’est dans ces situations que la préparation mentale d’une telle entreprise fait la différence.

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Une épreuve mentale

Lorsque le bitume rugueux, ou parfois le gravier, l’obligeaient à réduire la vitesse moyenne, sous une chaleur accablante, ce Tour des Vosges en ski-roues révélait là ce que Stéphane était venu chercher, une épreuve mentale. Une situation dans laquelle la solution, l’exutoire, ne dépendent que d’une seule personne, lui-même. Trouver le bon état d’esprit, la bonne gestuelle, la bonne tactique pour s’accommoder des éléments et avancer, vers son but. C’est exactement ce dont il devra faire preuve en 2023, lorsqu’il sera seul à ramer sur son bateau…
Après un court sommeil à Morceaux, il reprenait sa route, et s’enfonçait un peu plus dans la nuit au gré des ascensions répétées qui jonchaient cette partie du département.
La cité de Plombières marquait un nouveau temps fort. Le soleil se levait à nouveau et l’arrivée approchait. Même si le physique montrait des signes de fatigue, la tête, elle, restait concentrée vers son objectif.

Le passage sur la voie verte vers le Thillot offrait un peu de répit à Stéphane. Un revêtement agréable, roulant et une portion qu’il connait par coeur. C’est ce qu’il lui fallait avant d’attaquer l’ultime difficulté : 27km de montée entre Cornimont et le pied du Hohneck.

Sous un soleil d’été, mais entouré de très nombreuses personnes, la montée vers la route des crêtes ne se faisait pas sans mal. Et c’est ainsi qu’après deux nuits et deux journées de progression sur ses platines à roulette que le Vosgien ralliait son point de départ, éreinté mais heureux.

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Après 42h16, 482km et quasiment 6000m de dénivelé positif (voir son parcours ICI), ce premier défi #Etarcos prenait fin. Une performance qui ne passa pas inaperçue dans l’univers du ski nordique.
Mais Stéphane se projette déjà vers la suite, avec ses défis à venir, et notamment la Grande Traversée du Mercantour en septembre prochain, un parcours de 212km et 12 000m de D+ en courant, sur des sentiers qui devraient, là encore, apporter leur lot de difficulté.

Retrouvez le reportage de France 3 sur le Tour des Vosges en ski-roues de Stéphane

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