Jour 59 / Distance parcourue 24H : 67 km / Distance parcourue totale : 4152 km / Arrivée Martinique : 945 km

Bon, à ce que l’on m’a dit, vous en reprenez pour 1 mois.. Moi, j’en reprends pour deux jours. Ça n’avance pas vraiment, trop peu de vent et de courant. Comme à l’image de cette traversée, elle se fera à la rame, avec un jour de temps en temps comme les rameurs l’ont habituellement tous les jours. Je fais avec et puis, à part la bouffe, 2 ou 3 jours de confinement en mer supplémentaire, ça va.

2h30, je commence à ramer. Mon cockpit est un cimetière à poissons volants, il y en a une bonne quinzaine, des petits.. Et vers 4h30, un gros, 20cm ! Ola vite le couteau ! Dix minutes après, il était dans le réchaud. C’est pas terrible, mais c’est toujours ça.

J’ai eu un peu de courant l’après-midi, j’ai ressenti cette sensation sympa de glisse pendant 1h30. Après, fini.. Une houle a cassé un peu l’effet du courant. A 15h30, j’étais rincé. Donc, plutôt que de mettre tout l’argent dans le chauffage, il faudrait peut-être répartir le budget en mettant de l’argent dans le vent et le courant 😉 J’empile les journées en commençant plus tôt, histoire de ne pas trop perdre de temps. Physiquement, je suis rythmé et le corps tient bien les 11 à 12 heures de rame par jour.

Aujourd’hui, maxi big up. 8h00, mon sytème d’alerte MerVeille sonne. J’avais presque oublié son signal à lui, je n’avais plus rien eu depuis au moins 2 semaines. Bref, apparemment à tribord, un bateau.. Je ne vois rien car il est détecté au-delà de l’horizon. J’allume ma VHF quand même et puis je vois un point. Et puis plus il grossit, plus je distingue un porte-conteneur gigantesque ! Bon je vois aussi que sa route est très loin de moi et qu’il me passera devant très loin. Mais plus ça va, et plus je vois que sa trajectoire est une courbe, jusqu’à limite paniquer qu’il pourrait venir sur moi. Vu la taille de ces géants des mers, je ne vous fais pas de dessin ! Je donne sur la VHF et, au même moment, le commandant m’envoie un message : “Etarcos ! Etarcos !” Et là, s’enchaîne un dialogue en anglais. Il m’explique qu’il s’est détourné pour me rencontrer. C’est un bateau chinois mais l’équipage est européen. Il s’est donc presque arrêté à 50 mètres de moi, il avait une taille folle ! Une partie de l’équipage, tout la haut, m’encourageait. Je leur ai expliqué mon périple, ils étaient heureux de voir ça pour la première fois en vrai ^^ Ils voulaient m’offrir à manger et du vin. Je leur ai expliqué que l’éthique de ce sport, c’était l’autonomie, sauf si vraiment plus rien du tout à manger. L’échange a duré 10 minutes, puis après saluts et encouragements de circonstance, chacun a reprit sa route.

Ça m’a mis une euphorie incroyable, je n’avais pas vu un être humain depuis deux mois ! Bon 1 heure après, coup de blues.. Du coup pas grave, c’était un moment incroyable et magique. Merci donc au commandant Alejandro ! Il ne s’est pas présenté, mais je le sens s’appeler comme ça ^^ Je le sens bien aussi rejoindre Jean-Paul et Wilson dans les personnages de ce compte-rendu..

Allez, une de plus en moins, demain matin je devrais passer sous la barre des 500 milles nautiques de l’arrivée. La grande biz, restez créatifs et surprenants.

BONUS : retrouvez l’interview de Stéphane réalisée par Fred Bousseau de Trails Endurance Mag en live depuis l’Atlantique !

ALLOCÉKI ? #16 avec Stéphane Brogniart

ALLOCÉKI ? #16 – CONFINEMENT & SPORT #CONFINÉ #PENSEESPARASITES #ATLANTIQUEAu cœur de l’atlantique avec Stéphane Brogniart qui est confiné en mer depuis 60 jours. A moins de 1 000 km de La Martinique il analyse sa traversée, ses émotions, sa santé, son alimentation, ses nuits et revient sur le projet Pacifique 2021. Un montage des meilleurs moments de cet échange en raison de problèmes de communications à plus de 6000 km en pleine mer. Tendez l’oreille….cela permet de relativiser aussi. Trails Endurance Mag s’adapte à cette situation exceptionnelle pour prendre des nouvelles du monde du trail tous acteurs confondus….one day / one person !© par Fred Bousseau#covid19 #onedayoneperson #urgence #confinement #trailrunng #trail #alloceki #solidarite #sport #relativiser #etarcos #penseesparasites #traverseeatlantiqueEtarcos Adventures Ceramiq Stéphane Brogniart

Publiée par Trails Endurance Mag sur Mardi 14 avril 2020

UN JOUR UNE QUESTION

Merci à Nathalie Diez Verdier pour nous avoir envoyé sa question ! Vous aussi, n’hésitez pas à nous transmettre les vôtres à travers le bouton ci-dessous ^^

La question du jour par Nathalie : ” Bonjour Stéphane. As-tu échangé avec des navigateurs sur l’impact physiologique et psychologique au retour « violent » sur terre ? Merci et énorme respect ! “

Réponse de Stéphane : ” Salut Nathalie, non je n’ai pas eu d’échanges sur ce sujet.. Je pense surtout que c’est le rythme de vie qui me paraît le mieux. A terre, c’est presque un supplice. Ici je fais ce que je veux, et je suis le mieux en me levant à 2h00 – 2h30. Je rame jusque 15h30 puis jusque 17h30, c’est la vie quotidienne : toilette, communications, repas, etc.. A 18h45 max, je dors. On te demande ça sur terre, tu cries au scandale. Et je pense que la folle vitesse à laquelle on va dans la vie pour faire plein de choses font qu’au final, on ne fait pas grand chose. Donc oui, je vais devoir me recaler mais avec le confinement, l’atterrissage se fera en douceur. J’expliquerai dans le livre ce qu’il s’est passé, tu auras la réponse mais dans 5 ou 6 mois, le temps de l’écrire ^^ ”

Et encore merci à Vrai Roses pour la photo montage d’illustration!


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