Jour 35 / Distance parcourue 24H : 63 km / Distance parcourue totale : 2681 km / Arrivée Martinique : 2250 km

4h15, j’ouvre un œil.. Je bouge telle une limace pour aller vers l’avant, passer la tête dans la bulle pour regarder le drapeau. Mouais, c’est bon j’ai compris. Je regarde le GPS : 13 milles nautiques de la nuit. Aïe.. ça va être une journée musclée à tirer sans un moindre soutien de courant et de vent pendant 10 heures de temps. Bref, la routine les 3/4 du temps de cette traversée..

Quelques heures plus tard, je reçois un message : “il faut vraiment que tu prennes le cap à 230°, tu es trop haut encore”. Outch vent très faible mais vent quand même à 270°, houle pareil.. Va tirer 230° là dedans ??! Bin si mon gars, euh.., Jean Paul ?? Un mot et tu en prends une ! J’étais entre fin énervé et sur l’euphorie du lendemain du jour de la moitié (“tu vas voir, après ça roule !”).. Mon c** que ça roule ! Je pars pour la plus faible et chiante journée depuis le départ.. Bref, une bonne galère pour régler tout ça et ensuite, roule casquette à tirer comme une brute avec la houle, prenant 1 vague sur 10 dans la tronche.

Ainsi passe une journée très particulière car hormis le fait que ça stagne pour avancer, c’est surtout que les repères changent. Le soleil n’est plus pareil au même moment de la journée comme il l’était depuis le départ. J’ai l’impression de ne plus être au même endroit . Au lieu de ne bronzer que du côté droit comme d’habitude, j’ai aussi bronzé par dessus ^^ Je termine ma journée de rame un poil plus tôt, à 16h15, et plutôt rincé avec 37 milles nautiques au compteur. Je règle le bateau pour la nuit, donc dérive avant tout en bas, et je tâtonne pour être au plus juste afin que le bateau reste bien sur un cap à 235°, et ne remonte pas dans le sens du vent à 270°. Car oui, il faut descendre pour choper ce courant qui me propulsera vers les Antilles. La ligne droite n’est pas le chemin le plus court..

Le big up du jour, c’est pour Antoine Guillon, qu’il ne me semble pas obligé de présenter dans le milieu du Trail international. Pour les autres, juste un truc : moult top 5 à la Diagonale des Fous, et même une victoire, vainqueur de l’Ultra-Trail World Tour en 2015, auteur de plusieurs ouvrages sur le Trail, et même de bandes-dessinées [à retrouver ici]. Son surnom ? Le métronome.. Un maître à penser dans l’art du Trail et de son mode de vie, qui m’a gentiment posé la question du jour hier ^^ Donc Antoine, ce bateau, arrivé en Martinique revient en France (enfin, dès que possible..) et est disponible. Tu m’appelles pour deux-trois rudiments mais tu es plus fluet que moi, tu te toqueras moins, il t’attend pour l’aventure 😅😅😅 Si je me débrouille bien, il devrait rester deux-trois packs nourriture qui te feront pour toi toute la traversée 😉

Antoine Guillon – Crédit photo : Peignée Verticale

Voila ce moment d’écriture du compte-rendu que j’envoie à Noé, qu’il restitue en remettant en forme mes fragments de sms, est un bon moyen pour moi de sortir de ce que je vis. Unique, difficile, même si (pour les connaisseurs) c’est pas dur.. Travailler 10 heures par jours à la mine, ça c’est dur ! A des milles nautiques de tout de ce que j’avais imaginé, et au vu des conditions assez particulières, je m’en mets une bonne des familles.. La grande bise, demain est incertain et c’est tant mieux, ça tient en éveil et force à rester sur le qui-vive..

UN JOUR UNE QUESTION

Merci à tous pour vos questions, parfois très précises ! Comme promis, nous tenterons d’en passer un maximum ^^ La question du jour nous vient de Thibault Simonet. Alors comme lui, n’hésitez pas en cliquant sur le bouton ci-dessous ^^

La question du jour par Thibault : ” Ce que tu fais en ce moment est énorme, mais dans la logique du projet Etarcos, c’est une étape vers un défi encore plus grand, celui du Pacifique. Est-ce qu’il t’arrive de penser à ça pendant tes journées de rame ou restes-tu focus sur ton Atlantique ?”

Réponse de Stéphane : “Oui j’y pense beaucoup. Et j’ai déjà bien imaginé les choses pour rendre ce prochain projet pas uniquement sur de la performance individuelle, mais avec un engagement profond pour les hommes qui vivent et subissent le dérèglement climatique. Plus de partage, de sens profondément humain, de la transmission de valeur, et plus de vie à l’intérieur.. Mais attendons la fin de cet Atlantique, essayer de revenir avec les miens, et après réflexion avec l’équipe, je dévoilerai les détails de ce prochain projet. La base en grande partie sera respectée, mais l’enseignement de l’Atlantique me fait voir les choses autrement..”

Et encore merci à Vrai Roses pour la photo montage d’illustration!


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