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UN PREMIER DÉFI ETARCOS VALIDÉ !

Pour préparer mon objectif ultime, à horizon 2023, je me suis préparé une série de défis sportifs singuliers, et un peu démesurés. Première échéance de la liste, sillonner le département au plus près des « frontières »… en ski-roues ! Un tour du « pâté de maison » bouclé en un peu plus de 42h.

C’est à 21h, jeudi 19 avril, que nous avions avait fixé l’heure de départ de ce défi. Devant l‘auberge du Pied du Hohneck, par un beau coucher de soleil comme les crêtes vosgiennes en réservent parfois, de nombreux amis, journalistes et sportifs venus pour m’accompagner, s’étaient donnés rendez-vous. Ce défi, original, voire surprenant, réussissait un premier pari, celui de fédérer, et de faire parler de mon territoire auquel je suis si attaché. Mais au-delà des envies et des valeurs du projet, il fallait désormais se concentrer, gérer son effort, s’alimenter, pour durer… Car même si je peux compter sur le soutien sans faille d’une équipe d’assistance expérimentée et pleine de bonne humeur, et sur de nombreuses personnes, venues m’accompagner sur un tronçon du parcours, en vélo, voiture, ou en ski-roues, je ne pourra compter que sur moi pour rallier l’arrivée.

Après 42h16, 482km et quasiment 6000m de dénivelé positif ( voir le parcours ici) , ce premier défi #Etarcos prenait fin. Une performance qui ne passa pas inaperçue dans l’univers du ski nordique…

Tout beau tout neuf le stephanebrogniart.run devient etarcos-adventures.com ..

Vous y trouverez trois univers, l’un qui présente etarcos, un autre dédié à mes activités, et un dernier dit “Journal de bord” où vous y trouverez mes posts type blog..

Bon ça c’est pour l’intro, pas très fou je vous l’accorde..

Merci à tout ceux qui en ont permis sa réalisation..

Je ne suis plus dans une pratique individuelle, donc il était nécessaire d’avoir un site qui soit dédié à cette aventure collective etarcos..

Alors maintenant je peux vous narrer au travers de ce “journal de bord” tous ces moments de vie juste incroyable qui vont faire qu’un bateau muni de deux rames, de 900 kilos de bazar pour être en total autonomie va traverser le pacifique sud en 2021..

“Bin pourquoi tu mets une vidéo comme ça en plein milieu d’un article ?”..

Ceux qui suivent mes aventures blogolistique depuis 2009 pourront vous répondre..

Et en plus tu peux envoyer le volume ca ne devrait pas trop t’écorner, voir pas te faire du mal

Bon je me remets en route dans cet exercice, je suis un peu rouillé, je retrouverais tout doucement mes routines de mes posts un poils original je vous l’accorde, mais vous vous y ferez, c’est juste un peu difficile au début après on s’y fait..

Quoi de neuf docteur ?..

Alors, il était une fois le petit Stéphane qui à l’âge de huit ans lors d’un camps scout…….. “Pff abrège c’est lourd !!!”..

Ah pardon..

Oh bon sang je sens le pain béni pour https://www.facebook.com/LesGenouxDansLeGif//

Bref l’actualité c’est surtout beaucoup de démarches, de rencontres, de cogitations pour rendre cet impossible, réalisable..

Le premier vrai coup d’essai pour le bateau c’était il y a deux semaines lors d’une épopée au travers du Leman..

Le but était surtout de passer des heures dans le bateau pour mieux le comprendre et pouvoir lui apporter les améliorations nécessaire avant les deux semaines qui m’attendent au large de Brest en Septembre..

Arrivé sur Evian on jet le bateau à l’eau..
Merci Pierre Mastalski pour la surprise, il y a donc des pirates même au Léman..
C’est parti pour des heures à apprivoiser le bateau..
Petite balade autour du bateau pour dégourdir les jambes..
Pas la folie au niveau de l’espace de vie..
Au total 120k en trois jours au travers de cette flaque..
Quelques fois obligé de m’arrêter car les conditions vent contraire rendait la navigation impossible..
Et oui heureusement que dans le pacifique je serais vent et courant favorable, car ce genre d’embarcation de 800 kilos n’est pas contrôlable comme on le souhaite..
Merci Cindy “dame de nage” et Claudie sans qui tout celà n’aurait pas été possible..
Merci la team Etarcos, les partenaires et vous tous qui suivez cette aventure qui commence..
Ce coup d’essai m’a et nous a permis d’avoir du pain sur la planche pour aller en septembre défier l’atlantique pendant 2 semaines en conditions plus proche de ce qui m’attend en 2021..

Merci d’avoir tenu le coup jusqu’à la fin de cet article..

Retrouvez dorénavant chaque semaine un ou plusieurs article sur cette page qui vous racontera tout ce qui ce passe dans ce projet..

Et n’oubliez pas que dans mes articles peuvent se cacher de l’humour (ou pas)..

La grande bise et à bientôt..

Allez comme il est de coutume la photo bonus (cadeau)..

Pendant que je me fane des bornes et me ponce les mains, sur le bord il se met bien Noé le Coordinateur du projet #etarcos..

En 2021, cette frêle embarcation appelée Etarcos va traverser le Pacifique sud entre les côtes du Pérou et celles de la Nouvelle-Caledonie..

Ce projet sportif quelque peu hors norme (mais ça c’est moi qui le veut bien) est aussi celui de l’ensemble d’un grand nombre de personnes qui gravitent autour du projet pour le rendre réalisable..

Mention spéciale à tous les vosgiens qui y participent de près ou de loin..

Notre confort d’occidental, qui nous permet de réaliser tout ça, ne peut pas juste s’arrêter à un défi sportif, d’un assemblage humain, technique et financier permettant sa réalisation..

Je ne peux pas passer sous silence que le terrain de jeu d’Etarcos pendant 5-6 mois est aussi une zone de vie humaine et animale..

Ces minuscules archipels, totalement invisibles quand tu regardes une carte du Pacifique, rassemblent des millions de personnes qui y vivent depuis des millénaires..

Ce n’est plus un secret pour personne maintenant, notre comportement humain fait que notre planète terre perd l’équilibre..

Nous en sommes tous responsables, et malgré les avertissements, les prises de conscience, les comportements individuels qui changent, les pseudos reformes gouvernementales, etc, bref nous y allons..

Parmi les premiers touchés, il y a ces habitants des îles du Pacifique que je vais croiser sur ma route..

Car l’eau monte, monte, et rend impossible toute forme d’agriculture, l’eau douce potable disparait, les poissons sont gavés de micro-particules de plastique les rendant dangereux à la consommation..

Et la liste est longue pour rendre la vie dans ces endroits possible..

Alors malgré tous les efforts, initiatives, sauvetages, mesures, et bien toute cette population se retrouve tout doucement contrainte et forcée de quitter leurs maisons, ancêtres, cultures ancestrales, coutumes, modes de vie..

Et ils se retrouvent un peu comme moi dans une transhumance à la recherche d’une terre où une vie décente est possible..

A ce moment précis ils deviennent des “naufragés écologiques”..

Et là nos chemins se croisent, passer plusieurs mois en mer dans une embarcation de fortune pour rallier au travers des flots une terre pouvant nous accueillir et nous permettre de retrouver une vie convenable et pérenne..

A une différence que je le fais de mon plein gré et que eux le réalisent sous la contrainte, car nous comprenons tous bien qu’ils auraient préféré rester chez eux à vivre comme ils l’ont toujours fait..

Il y a juste un quelque chose qui me pose problème..

Quand Etarcos va toucher les côtes de la Nouvelle-Calédonie (un poil esquinté) il y aura amis, famille, sourires, joie, médias, Calédoniens heureux de m’accueillir, etc

Pour ces réfugiés écologiques ce n’est pas la même..

Alors arrêtons de mal les recevoir, et si la médiatisation du projet etarcos peut mettre en lumière et faire évoluer l’image et le ressenti par rapport à ces êtres humains en dérives, nous en serons fiers..

Sans compter qu’ils sont les témoins vivants de ce qui va peut-être bientôt nous arriver..

Car nous parlons de ce qui se passe à l’autre bout du monde mais demain nos propres campagnes françaises pourraient devenir aussi inhabitables..

Bonne journée et la grande bise..

PS : Difficile de trouver les crédits photos de ces images récoltées dans des articles de médias et sites spécialisés internationaux relatant ce phénomène causé par le dérèglement climatique..

Crédit photo couverture : Desung Lee https://www.daesunglee.com/

Il est celui qui, à l’approche du défi Atlantique, prend une place de plus en plus importante au sein du projet Etarcos. En même temps, parlez de rame océanique à tout spécialiste… et l’un des premiers noms de référence qui lui vient à la bouche est celui de Jean-Pierre Habold. Un homme de la montagne (il est originaire du Vercors) tombé amoureux du monde marin (tiens donc..) et de ces exploits incroyables de traversées d’océans à la rame. Au point de lui avoir dédié une association afin de réunir ces “frères de rame” : le Clan des Rameurs d’Océan. Rencontre..

Bonjour Jean-Pierre, pour commencer, peux-tu te présenter rapidement et nous parler de ton parcours professionnel ?

Je m’appelle Jean Pierre Habold, j’ai 66 ans. Je suis artiste peintre et rameur d’océans. Je suis originaire du Vercors, échoué sur un rocher de la Bretagne Nord, après avoir travaillé dans le sillage de marins comme l’Anglais Pete Goss (sauveur de Dineli dans le dramatique Vendée Globe 1996), Laurent Bourgnon double vainqueur de la Route du Rhum.

J’ai travaillé dans la publicité avant de créer mon activité de conception de sites internet événementiels (course en double Jacques Vabre, course à la rame Rames Guyane). En 2009, je réalise d’ailleurs en solo la traversée à la rame entre Saint-Louis du Sénégal et Cayenne.

Enfin, je suis également le président du Clan des Rameurs d’Océans (Pôle Rame Océanique). L’association fédère les rameurs de grand large. A travers l’expertise et l’expérience de ses membres, elle conseille et supporte les nouveaux prétendants aux traversées océaniques.

Comment as-tu connu Stéphane, et comment t’es-tu retrouvé à travailler sur le projet Etarcos ?

J’ai rencontré Stéphane Brogniart via Pierre Mastalski (NDLR : parrain du projet), un frère de rame concurrent de la course Rames Guyane, et par Stéphane Barbet qui sera le routeur de Stéphane.

J’ai tout de suite été séduit par sa personnalité. Il m’étonne et j’aime être étonné, je suis resté un grand môme. Et puis il y a aussi l’appel du large et la bonne énergie que dégage l’équipe qui l’entoure qui m’ont poussé à m’engager avec eux. J’interviens donc auprès de Stéphane Brogniart en temps que préparateur et accompagnateur dans son défi rame Atlantique. Je serai d’ailleurs présent avec lui au départ d’El Hierro début février, en compagnie également de Stéphane Barbet.

Parlons de ton association, le Clan des Rameurs d’Océan, en quoi consiste-t-elle précisément ?

C’est une association qui fédère les Rameurs d’Océans au sein d’un Pôle Rame Océanique et d’Aviron de Grand Large, pour rassembler les compétences et rivaliser avec les équipages Étrangers.

Son objectif est de créer, autour de ce pôle de Rameurs expérimentés, une dynamique en invitant les amis et les personnes intéressées par l’évolution de la rame océanique à apporter leurs expertises et leurs connaissances, et ce à travers différentes actions :

  • Engager, conseiller, soutenir humainement et financièrement des équipages de bateaux à rames dans des courses, des raids, des records, des événements nautiques Français et Internationaux, pour promouvoir l’aviron Océanique Français en adéquation avec la protection de la planète
  • Sensibiliser à travers nos challenges et nos défis, les citoyens et les organisations à la défense des Océans
  • Organiser des courses et des records Océaniques à l’aviron océanique 
  • Se rapprocher des équipages étrangers pour bénéficier des dernières technologies et faire évoluer l’architecture navale des bateaux à rame Français
  • Faciliter la revente et la location des bateaux de type Rames Guyane déjà construits aux nouveaux candidats aux traversées
  • Permettre à des rameurs novices de s’intégrer à des équipages expérimentés pour participer à des courses océaniques

Pour terminer, petite question subsidiaire… D’après toi, combien de temps va mettre Stéphane pour traverser l’Atlantique en février ?

C’est difficile à dire… Tout dépendra des conditions météo que Stéphane va rencontrer. Je donnerai une fourchette de 45 à 50 jours mais il peut nous surprendre… le bougre !

A voir, son arrivée de la Rames Guyane en 2009 :

Un grand merci Jean-Pierre, et à très vite donc sur les océans !


Conférences, plans d’entraînements, préparation mentale, stages Trail signés ETARCOS à retrouver ici

Les yeux rivés sur l’horizon… Dans quelques jours, Stéphane Brogniart prendra le départ de cette Traversée de l’Atlantique. Depuis l’île d’El Hierro, il nous livre ses dernières impressions…

Salut Stéphane, tu viens d’arriver sur l’île d’El Hierro, déjà comment vas-tu ? Comment s’est passé le voyage ?

Outch… long ! Remarque, rien qu’avec ce qui m’attendait… 

Deux conférences données juste avant le départ, une traversée de la France, un festival d’aventure à Millau où j’étais le parrain (360 Dégrés d’Aventure) et où j’ai pu croiser Matthieu Tordeur, récupérer les gaillards Jean-Pierre Habold et Stéphane Barbet à Montpellier (et où Pierre Mastalski et Pierre Verdu sont venus me faire un coucou), puis traverser l’Espagne, 48h de ferry, une journée sur Ténérife, referry et enfin se poser au bout du monde.. 

J’ai fini rincé mais content ! Ça sent le concret. Ici, le temps n’existe pas, ni même les jours. Tu vis et fais comme tu peux pour faire ce que tu as a faire. Je quitte mes repères de mec pressé….

Peux-tu nous dire où tu es précisément, ce que tu as fait depuis ton arrivée et quel est ton programme à venir ?

Je suis à El Herrio, le plus au sud-ouest des îles Canaries, idéal pour partir vers la Martinique, au port de La Restinga

Nous avons, malgré la barrière de la langue, vite sympathisés et mis à profit le réseau de Jean-Pierre Habold pour mettre le bateau sur le chantier et finir de le préparer : électronique, antifouling (peinture spéciale destinée à empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur la coque), alimentation finale, détails techniques… Puis mise à l’eau ce mardi.  

Les personnes sont formidables avec nous et nous sommes ici comme à la maison, les sapins en moins..

Niveau météo, quelles sont les informations à date ? As-tu une idée du jour de départ ?

 Ici c’est 25 noeux en continu et dans le bon sens, idéal donc ! La date du départ sera à 90% vendredi.. Vous pourrez suivre la traversée au jour le jour via une carte qui sera disponible sur www.etarcos-adventures.com

Quels seront les points clés d’après toi pour réussir cette traversée ?

Ne pas paniquer car je dois tout découvrir sans le rater.. Tous les repères changent et il faudra vite tout comprendre, même si Jean-Pierre et Stéphane m’expliquent bien.. Ça s’appel l’aventure !

Ensuite, passée la première semaine, j’aurai mon train-train et une météo favorable,  il restera à attendre le mauvais temps éventuel et voir comment je vais réagir. De toute façon, je n’ai pas le choix, Jean-Pierre et Stéphane seront remontés en France et comme je ne parle pas la langue, pas moyen de demander de l’aide, je dois y aller.  

Bref, ne faites pas comme moi, évitez d’avoir une valise en retard à l’aéroport au retour de la Diagonale des Fous, ça vous évitera d’avoir des idées comme celle-là !

Un dernier mot pour tous ceux qui te suivent ?

Merci de me suivre dans cette aventure, j’ai l’impression de vous avoir à mes côtes dans le bateau… Et puis quand je vois tout ce qui a été fait par la famille Etarcos, pas le choix que de dire merci en donnant le maximum et de faire péter les soudures !

>>>> Lien pour le compte-rendu du jour 2 – cliquez ici <<<<<

Samedi 15 février, 19h00 heure d’El Hierro. 20h00 à Rochesson. Aujourd’hui, après l’excitation du départ hier soir, c’était la première vraie découverte de mon nouveau terrain de jeu, et du quotidien qui allait m’attendre lors de ces prochaines semaines. Jean-Pierre Habold et Stéphane Barbet m’avaient d’ailleurs prévenu : malgré tous les tests réalisés, les premières heures ne seraient pas si simples. TG et rame qu’ils disaient..

Gérer le stress de ce nouveau quotidien, pris entre cette solitude soudaine et cette nécessité de garder le contact pour ne pas décrocher, entre ce lien à la terre et cette météo qui m’oblige à rester vigilant en permanence. Stéphane Barbet avait d’ailleurs raison. On a pris le cap un peu plus au sud que prévu, pour éviter cette perturbation, et pourtant ça commence à lever sévère. La fenêtre de départ était vraiment restreinte. Je n’aurais jamais pu partir plus tard sans attendre ensuite plusieurs jours pour attendre de nouvelles conditions favorables.

Cette 2ème nuit risque d’ailleurs de ne pas être tranquille. Rien de bien méchant certes, mais il va falloir s’adapter à ces éléments. Je contourne par le sud cette “tempête” prévue ces prochains jours, oui c’est vrai (c’est là que tu te dis que c’est un luxe d’avoir un routeur comme Stéphane Barbet), mais malgré tout je vais en ressentir fortement les effets secondaires. En attendant, les contacts avec l’équipe à terre me rassurent, et me réconfortent surtout. Je multiplie les échanges, comme si finalement nous en avions tous besoin. Après, on peut dire tout ce qu’on veut. On fait tout sauf le malin, ici, seul face aux éléments..

(Après un départ très “ouest”, Stéphane tire plus au sud pour éviter l’intempérie qui s’annonce sur les Canaries)

D’autant plus que, depuis le départ, je suis quelque peu brassé. Je dois être vigilant dans mes prises alimentaires. La 1ère n’est d’ailleurs jamais passée.. Jamais trop à la fois, mais fréquemment. Je consomme tellement d’énergie sur une journée que je ne peux me permettre une quelconque erreur. Mais ça va, j’arrive à gérer. Le stress d’adaptation à mon nouvel élément n’ajoutant rien. Egalement, le soleil cogne fort. Très fort. Ça va être un vrai paramètre à prendre en compte. Bref, dès le début, tu comprends ce qu’il va t’attendre. Perso, vous me connaissez, ça me va très bien comme ça..

Niveau poste de travail, pour ce début, j’alterne 1h de rame et 45′ de pause. Ce n’est pas de trop pour comprendre tout ces éléments. Malgré tout cela, à un moment donné complètement inattendu, la magie opère ! Le privilège de l’océan. Pendant 10′, j’aperçois des dauphins nager à côté de moi. Instant magique et tellement privilégié, qu’il en est impossible de retranscrire les émotions que l’on ressent à ce moment là.

Par contre, ce soir, au vu des conditions météos, même si je vais éviter le pire, ça risque sacrément d’être sportif ! Je vais malgré tout essayer de bien dormir, c’est probablement un des éléments les plus important pour garantir le succès de la traversée. D’ailleurs, au menu, ce sera pâtes aux légumes méditerranéens ! J’en entends déjà dire que c’est la base.. Je n’ai jamais eu autant envie de dire qu’ils avaient raisons. Et dire ce n’est que le 1er jour de cette incroyable aventure.. Une aventure qui s’annonce déjà plus que passionnante.

La grande grande bise à tous..

Comme prévu, Stéphane est entré pour quelques jours dans une zone de gros temps. “La mer s’est levée, c’est pas de la tarte. Ça tabassait fort, j’ai été obligé de me terrer au fond du bateau” nous a-t-il indiqué. D’après Stéphane Barbet, le routeur de l’expédition, il ne pourra que peu ramer jusque mercredi, mais le bateau dérive cependant dans la bonne direction. La carte météo des forces des vagues est flagrantes, on aperçoit bien Etarcos dans cette zone violet foncé, indiquant une forte houle.

De plus, à bord du bateau, Stéphane est confronté à une problématique de batteries, récalcitrantes à se recharger. “Ça m’a pris une bonne partie de la journée. Je vais devoir désaliniser à la main pour le moment..” ajoute-t-il. A terre, Jean-Claude Sallès, revendeur Big Ship et principal fournisseur du matériel, travaille à solutionner le problème avec les équipes vosgiennes, Stéphane Wagner, notre “mécanicien magicien” et nos électriciens Régis Metzger et Stéphane Canonico.

“Super génial ce Jean-Claude” ajoute notre rameur. Ce matin, il a d’ailleurs eu de ses nouvelles : “Tout va bien. Le vent continue de forcir mais Stéphane indique commencer à s’habituer à ce rythme. Il avance entre 2,5 et 3N. Nous continuons à essayer de résoudre ces problèmes de batteries”

Suite à ces difficultés, l’AIS n’émettant plus pour le moment, le suivi live est basculé sur le suivi Iridium, avec mise à jour toutes les 12 heures, à suivre ci-dessous.

Distance parcourue 24H : 77 km / Distance parcourue totale : 238 km

“Pas une grande journée de rame”. Ainsi Stéphane commence-t-il le résumé de cette 3ème journée. Mais peut-être une (très) bonne nouvelle du côté des batteries : “Elles sont bien chargées en réalité, le défaut, identifié par les équipes à terre, vient de l’écran de contrôle”.

Autant dire que du côté du PC Course, c’est le soulagement. En liaison avec la société Victron Energy, nos techniciens (Stéphane Wagner de STWM et Régis Metzger / Stéphane Canonico de SCRM Energie) ont finalement réussi, après des heures à tester tous les diagnostics possibles, à identifier le problème, pour le coup beaucoup plus mineur que prévu. “Autant dire que Jean-Claude Sallès [notre spécialisé dans le matériel d’accastillage Big Ship] m’a envoyé milles messages pour trouver la solution”.

Cependant, en attendant le retour d’un temps plus calme où Stéphane pourra corriger le problème, la prudence reste de mise avec un minimum d’appareils électriques en fonction. Pour le moment, il continue de désaliniser manuellement son eau : “Ce soir, j’ai cependant pu me laver, et ensuite, à poil dans le bateau ! La mer est bien défoncée mais je commence à me faire à mon nouvel environnement. Ce soir, c’était poulet – pâtes. Au final, les choses se mettent en place tout doucement et dans une semaine, ça devrait rouler.”

Niveau météo, il faudra donc attendre un jour ou deux avant de retrouver des conditions nominales. “Je n’ai pas encore ramé de nuit, j’attend que la mer soit plus calme. Après, je pourrai enquiller”.

La bonne surprise du jour elle, est sortie de l’eau : “J’ai pu voir une baleine !” Mais la mauvaise également : “Un pot de fleur en plastique qui flottait…”

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Distance parcourue 24H : 87 km / Distance parcourue totale : 325 km

« C’est pour ça qu’on est là.. C’est le titre d’une chanson créée par les gars de Into the Ride, les vainqueurs du festival 360 Degrés d’Aventure, que je suis allé présenter à Millau, juste avant mon départ pour les Canaries.

On avait passé notre week-end à la chanter. Et c’est une phrase qui me correspond bien, je la sors souvent aux athlètes que je coache.. Au passage, big up à Benoit Gandolfi qui s’occupe d’eux aux petits oignons ! En plus, ça me fait penser également à mon Thiery Heim, le boss de Ceramiq, qui me le dit souvent..

Car ici, on ne peut pas dire que la météo soit au beau fixe. Ça s’est même légèrement empiré. Ce soir, des vents à 25 nœuds et des creux de 3,5m… Je n’ai pas vu la journée se dérouler. Dès 3h du matin, j’ai passé une bonne partie de mon temps à l’extérieur, équipé de ma combi pour remplir d’eau les ballasts, histoire d’alourdir le bateau et lui donner plus de stabilité, et ainsi mieux affronter ce gros temps.

Ensuite, j’ai passé quasiment tout le reste de la journée dans le bateau. Après-midi sieste, bricolage et bouquin. Je lis un recueil de poème de Rimbaud. Par contre, là maintenant, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, ça tabasse vraiment. Bien chahuté, j’ai visité les 4 coins du bateau ! Je flippe un peu quand même, j’ai tout attaché, j’espère qu’il n’y aura pas de casse. Bon, du coup, Etarcos file..

Dire que ça risque de durer encore 2 ou 3 jours.. Stéphane Barbet me dit que ca devrait aller mieux à partir de vendredi, même si il faut s’attendre à des vents forts résiduels. Mais il parait que ce sera la plus mauvaise semaine du périple. En attendant, j’ai sorti le casque de protection. C’est pour ça qu’on est là qu’ils disaient.. Je compte sur vous pour reprendre la chanson avec moi..”

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Jour 5 / Distance parcourue 24H : 76 km / Distance parcourue totale : 407 km

« Aujourd’hui, j’aurais pu vous parler de ma journée. Vous dire que la nuit précédente a été musclée, et le mot est faible. J’ai même quelques bosses sur le crâne et une petite entaille. Vous dire que la matinée a été bordélique, avec du vent fort et pas moyen de ramer. Vous dire aussi que cet après-midi, ça commence à se calmer, cette fois-ci j’ai pu ramer. Vous dire que niveau estomac, tout va mieux, je mange mes packs quotidiens quasiment en entier maintenant. Vous dire qu’un oiseau est venu me faire coucou en se posant sur le porte-antenne. Vous dire que c’est vrai, cet océan est un dépotoir à plastique.. Mais aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de tout ça..

Aujourd’hui, je vais vous parler d’autre chose. Aujourd’hui, je vais vous parler d’Emile..

Un jour, j’ai eu cette idée folle de vouloir traverser le Pacifique à la rame (mais bon dieu, quelle idée..). J’avais juste un problème : je n’avais jamais ramé ! Bon, du coup, ni une ni deux, j’appelle un certain Baptiste André, du club d’aviron local, l’AS Gérardmer Aviron : « Salut c’est Steph Brogniart. ça va ? Bon, tu sais que j’envisage de traverser le Pacifique à la rame, mais comme j’ai encore jamais ramé, il est possible que j’ai besoin de toi ! »

Et voilà, c’était parti. Rencontre au club, quelques échanges sur l’aviron et plein d’autres trucs, premier essai en bateau, et c’était parti pour s’avoir au téléphone quasi tous les jours, ainsi qu’au club en bateau 3-4 fois par semaine.

On s’est vite trouvé d’autres points d’intérêts : l’entrainement, la passion pour notre environnement (notamment la montagne, Baptiste étant en plus skieur à la base) et un but commun, la réussite de mon projet. Nous avions également beaucoup de connaissances communes : Maxime Laheurte, Thiery Heim, Richard Péché et bien d’autres ! En découle ainsi une amitié naissante..

En même temps arrivent les « 24h de l’ergo » au profit de l’association « A travers le regard d’Emile ». Emile, c’est le fils de Baptiste, diagnostiqué autiste à l’âge de 2 ans (il a maintenant 4 ans ½). C’est naturellement que j’ai souhaité m’impliquer avec lui dans ce projet,  en lui apportant mon carnet d’adresses pour la com’, ma participation etc.. On connait depuis le succès de cette première édition.

Et un jour, autour d’une bonne raclette des familles avec Baptiste et Benoit (Gandolfi), j’ai voulu “embarquer” Emile à bord d’Etarcos. Et ça tombait bien, on trouvait plein de points communs entre Emile et le projet. Emile adore l’eau et tout ce qui tourne autour, il adore faire des tours en bateau au travail de papa, il adore aller au lac. La couleur de l’autisme est le bleu.. Comme l’océan ! Emile a découvert le bateau Etarcos avec plein de curiosité.

Alors, ce vendredi, de 6h11 (heure de naissance d’Emile) à 7h11, je t’invite si tu le peux à ramer avec moi. Chaque kilomètre parcouru (y compris les miens), sera comptabilisé pour les prochaines 24h de l’ergo, qui se tiendront les 11 et 12 avril prochain à Gérardmer. Donc demain à 6h11, tu te mets sur ton ergo, tu rames un maximum de kilomètres jusque 7h11, tu fais une photo du biniou, et tu l’envoies à 3i.aemile@gmail.com

Et tu fais ça avec moi chaque vendredi jusqu’au 11 avril, tout seul ou, encore mieux, avec tes potes, et chaque kilomètre réalisé permettra de financer l’association d’Emile. Que tu rames chez toi, en salle ou en club, demain 6h11 #OnRameTousPourEmile (je veux voir ce hashtag en nombre demain!)

Et si tu peux pas ramer, sache qu’une cagnotte est en ligne sur HelloAsso :

Voilà.. C’est de ça que moi je voulais vous parler aujourd’hui. Sur ce, bon vent.. (ouaiiiiis enfin, pas trop !!)

PS1 : j’espère que vous avez tous écouté le titre hier des Into the Ride, sinon, séance de rattrapage immédiatement dans mon CR du jour 4 ici

PS2 : Est-ce que quelqu’un pourrait aller rassurer ma voisine Marguerite en lui indiquant que je suis toujours vivant et en bonne santé ??

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